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Les enjeux de la politique monétaire dans la zone Euro

Au moment où la politique monétaire semble trouver ses limites, quels moyens peuvent être mis en œuvre pour renforcer son efficacité ?

Pour répondre à cette thématique chaude de l’actualité financière, Swiss Life Asset Managers a organisé une conférence-débat le 15 novembre dernier en présence de Robert Ophèle, Sous-Gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Arabian, Directeur Financement et Trésorerie de Biomérieux, Florian Pelgrin, Professeur d’Economie à l’EDHEC Business Schools et à l’Université de Lausane, ainsi qu’Eric Bourguignon, Directeur de la Gestion de Taux et Crédit chez Swiss Life AM.


Retour sur les principales thématiques évoquées lors du débat


- La réactivité de la Banque Centrale Européenne face aux nombreux changements intervenus au sein de la zone Euro.

Robert Ophèle a rappelé que la BCE a fait preuve d’une remarquable réactivité face aux changements intervenus dans l’environnement économique et financier, en modifiant à 17 reprises ses taux directeurs au cours des cinq dernières années.

Il n’a cependant pas masqué les difficultés observées dans la transmission de la politique monétaire européenne (problème du pass-through). Si dans le nord de l’Europe, et en Allemagne en particulier, les entreprises n’éprouvent aucune difficulté pour se financer, il en va tout autrement dans les pays du sud où les banques sont effectivement beaucoup plus réticentes à prêter, d’autant plus que l’évolution réglementaire les a contraintes à alléger leur bilan en réduisant leurs risques. Cet excédent de réglementation peut être même qualifié de « choc réglementaire ».


- Selon Robert Ophèle, trois pistes doivent approfondies pour faire face au problème de « fragmentation » de la zone euro

- L’Eurosystème doit davantage prendre en compte l’hétérogénéité de la zone dans la conduite de sa politique monétaire.
- Il est indispensable de favoriser une désintermédiation maitrisée pour faciliter le financement de l’économie placements privées, titrisation).
- Il faut mener à bien le projet d’Union Bancaire.


- Témoignages sur les thèmes de la fragmentation et de la désintermédiation

Eric Bourguignon est ensuite revenu sur les thèmes de la fragmentation et de la désintermédiation à travers le témoignage d’Emmanuel Arabian. La société Biomérieux n’éprouve pas vraiment de peine pour se financer, ni auprès du système bancaire, ni directement sur le marché. Les banques n’hésitent pas à inciter leurs clients à faire plutôt appel au marché quand ils le peuvent. Elles jouent là un jeu dangereux car elles risquent de les habituer à se passer de leurs services et perdre à terme d’importantes sources de revenus.
Florian Pelgrin confirme également qu’au niveau macroéconomique, le processus de fragmentation de la zone euro conduit à un recours accru aux marchés par les agents non financiers. Il considère par ailleurs que ces problèmes, comme d’ailleurs la plupart des problèmes auxquels l’Europe est confrontée, ne peuvent pas être résolus par la seule arme monétaire. L’absence de politique budgétaire commune constitue ainsi un obstacle majeur au renforcement de l’unité financière de la zone.


-  Politique de change et conséquence de la vigueur de l’euro

Au terme de ces échanges, Robert Ophèle s’est prononcé sur la politique de change de la BCE, ou plus exactement sur son absence de politique de change. Il considère sur ce point que toute intervention de la BCE serait vaine. Il estime en outre que la recherche de compétitivité des entreprises ne doit pas reposer sur le change, mais sur le renforcement des fondamentaux des entreprises.

Emmanuel Arabian n’a toutefois pas manqué de rappeler que la vigueur de l’euro constituait un sérieux handicap pour le développement sur les marchés internationaux, notamment dans les zones les plus prometteuses d’Asie et d’Amérique latine.

Pour terminer, les intervenants se sont interrogés sur l’opportunité de mettre en place un nouveau programme de LTRO (Long Term Refinancing Operations) reposant sur une enveloppe de prêts à long terme accordés par la Banque Centrale aux banques qui en feraient la demande. Robert Ophèle a souligné qu’aujourd’hui le recours à ce type d’opération peut être perçu comme un aveu de faiblesse de la banque emprunteuse qui se retrouverait alors stigmatisée par l’ensemble du marché. De ce fait, le succès et l’efficacité d’un tel programme restent pour le moins incertains.

Enfin, en réponse à une interrogation sur la possibilité de voir le taux d’intérêt de la facilité de dépôt de la BCE passer en territoire négatif, Robert Ophèle a indiqué que l’impact de cette mesure serait principalement centré sur le taux de change et non sur les conditions de financement de la zone euro.

www.swisslife-am.com

 

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