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[Tribune] Education : l’UNESCO appelle à améliorer la qualité des repas scolaires

Un nouveau rapport de l'UNESCO souligne le rôle majeur des repas scolaires sur la santé et l'apprentissage des enfants.


Si de nombreux élèves reçoivent désormais de la nourriture à l’école, l’accent est insuffisamment mis sur la qualité nutritionnelle des produits. L’UNESCO prône le recours à des aliments plus sains et plus nutritifs, et l’inscription de l’éducation à l’alimentation dans les programmes scolaires.

 

« Grâce aux investissements conduits ces dernières années, près de la moitié des élèves d’école primaire dans le monde a désormais accès à des repas scolaires. Mais il faut aller plus loin en s’intéressant au contenu de l’assiette. Il faut privilégier des plats équilibrés, à partir de produits frais et transmettre aux enfants les bons réflexes alimentaires qui leur assure de grandir en bonne santé.
C’est un enjeu majeur pour la santé et l’éducation »,
déclare Audrey Azoulay, Directrice générale de l’UNESCO.

 

Environ un quart des élèves dans le monde a bénéficié de repas scolaires en 2024, une proportion qui atteint 47% à l’école primaire. Comme l’a démontré une étude de l’UNESCO en 2023, cette démarche contribue non seulement à réduire la sous-alimentation des enfants, mais aussi à soutenir leur apprentissage : les repas scolaires augmentent le taux de scolarisation (+9%) et l’assiduité (+8%) des élèves, tout en améliorant leurs résultats d'apprentissage.

 

A l’occasion du sommet « Nutrition for Growth » organisé par la France les 27 et 28 mars 2025, l'UNESCO publie un nouveau rapport qui s’intéresse cette fois à la qualité des repas servis. Intitulé
« Education et nutrition : Apprendre à bien manger » (en anglais), il a été élaboré en partenariat avec le Consortium de recherche pour la santé et la nutrition en milieu scolaire.

 

Ce rapport révèle qu’en 2022, près d’un tiers (27%) des repas scolaires dans le monde n’étaient pas conçus en consultation avec des nutritionnistes. Seuls 93 pays (sur 187 évalués) disposaient alors d'une législation, de normes ou d'orientations en matière d'alimentation et de boissons à l'école. Et parmi ces
93 pays, seuls 65% étaient dotés de normes encadrant la vente des aliments et boissons dans les cafétérias, les magasins d'alimentation et les distributeurs automatiques situés en milieu scolaire.

 

Ce manque de cadre et de suivi sur le contenu des aliments qui sont servis aux élèves devrait être une préoccupation majeure quand on sait que le taux d'obésité chez les enfants en âge d’être scolarisés a plus que doublé dans la plupart des pays depuis 1990 et que l’insécurité alimentaire continue à augmenter à travers le monde.

 

« L'école doit être un lieu où l'on cultive des habitudes saines, et non pas un lieu où on les compromet. Manger des repas scolaires frais, produits localement et conçus par des nutritionnistes scolaires compétents fait partie de l'éducation d'un enfant. C’est une leçon qui va influencer sa relation avec la nourriture et lui donner les moyens de faire à l'avenir des choix alimentaires éclairés et bons pour sa santé », déclare Daniel Humm, ambassadeur de bonne volonté de l'UNESCO pour l'éducation à l’alimentation depuis septembre 2024 et chef triplement étoilé par le guide Michelin.

 

Privilégier des produits frais et peu transformés

 

Dans son rapport, l’UNESCO met en lumière plusieurs initiatives positives pour améliorer la nutrition à l’école. Au Brésil, le programme national d'alimentation scolaire, dont l’UNESCO soutient le déploiement, a récemment mis en place des restrictions sur les produits ultra-transformés. En Chine, les réformes introduisant des légumes, du lait et des œufs dans les écoles rurales ont augmenté l'apport en nutriments des enfants et contribué à accroître la fréquentation des écoles.

 

Au Nigéria, le programme d’alimentation scolaire issue de la production locale lancé en 2014, visant à fournir chaque jour un repas équilibré et gratuit dans toutes les écoles primaires publiques, a permis d’augmenter de 20% le taux de scolarisation dans le primaire. Et en Inde, l'introduction de millet perlé bio fortifié, riche en fer, dans les repas scolaires de l'État du Maharashtra a permis d'améliorer l'attention et la mémoire des adolescents.

 

L’UNESCO encourage les gouvernements et les acteurs de l’éducation à mettre en place des repas scolaires basés sur des produits frais et locaux et à réduire la présence des aliments sucrés et ultra-transformés. Elle invite aussi les Etats à accompagner ce saut qualitatif par l’inscription de l’éducation à l’alimentation dans les programmes scolaires.

 

L'UNESCO développera cette année une série d'outils pour les Etats et les professionnels de l'éducation visant à mieux intégrer ces enjeux de santé et de nutrition, dont un manuel pratique et un programme de formation. Ces travaux viendront aussi soutenir la Coalition pour les repas scolaires, dont l’UNESCO est membre et qui se mobilise afin que chaque enfant puisse recevoir un repas nutritif à l’école.

 

Afin de porter la voix de l’Organisation sur ces sujets, Audrey Azoulay a nommé deux chefs triplement étoilés par le guide Michelin à la fonction d’ambassadeurs de bonne volonté : Mauro Colagreco en 2022 autour des enjeux de biodiversité et Daniel Humm en 2024 pour l'éducation à l’alimentation. Ils œuvrent également tous deux à mettre en avant les produits et les traditions agricoles, culinaires et gastronomiques présents dans les sites protégés par l’UNESCO.


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