La ministre de la Transition
écologique, Agnès Pannier-Runacher, a récemment annoncé une
« étroite
concertation » avec les parties prenantes afin de repenser certaines
dispositions de la filière PMCB. Cependant, en totale contradiction avec cette
initiative, l’éco-organisme Valobat a dévoilé de nouveaux barèmes
d’éco-contributions qui imposent des hausses importantes, notamment sur les
matériaux liés à la rénovation énergétique.
La CAPEB dénonce cette démarche
unilatérale qui porte un préjudice direct à la concertation promise et appelle
fermement à une suspension de ces nouvelles mesures jusqu’à ce qu’un dialogue
constructif puisse avoir lieu, permettant ainsi d’adapter le dispositif aux
réalités des artisans et aux enjeux de la transition énergétique.
Hausses significatives
des éco-contributions Valobat : un impact direct sur la rénovation énergétique
À partir du 1er juillet
2025, les nouveaux barèmes d’éco-contributions de Valobat entraîneront des
hausses importantes pour plusieurs matériaux, notamment ceux de la rénovation
énergétique.
Les eco-contributions des fenêtres, portes-fenêtres et fenêtres de
toit augmenteront de 58%, celles des escaliers de 52%, et celles des isolants,
essentiels à la performance énergétique, verront des hausses de 30 à 74%.
Les revêtements de sol,
comme le lino et le PVC, connaîtront des hausses d’eco-contribution respectives
de 73 et 82%. La CAPEB juge ces augmentations, qui suscitent de vives
inquiétudes parmi les artisans, en décalage total avec les services attendus
dans le cadre de cette REP PMCB et potentiellement préjudiciables à la
transition énergétique et à la compétitivité des petites entreprises.
Un dispositif toujours
inadapté aux réalités des artisans du bâtiment
Au-delà de ces hausses,
la CAPEB souligne que ce dispositif reste insuffisamment adapté aux besoins des
entreprises artisanales du bâtiment. Bien que Valobat prévoie une
intensification de la collecte des déchets à partir de 2025, l’éco-organisme
communique, comme les autres éco-organismes, sur une remise en cause en
parallèle de certaines mesures essentielles aux entreprises artisanales du
bâtiment, telles que :
• La prise en charge du transport et du
traitement des déchets depuis leurs entrepôts, mesure validée par l’arrêté
modificatif du 3 juillet 2024.
• La mise en place de bennes « déchets
résiduels »
(briques plâtrières, isolants en polystyrène ou polyuréthane, isolants
biosourcés...), qui ne sont toujours pas repris sans frais, bien que les
entreprises aient déjà payé des éco-contributions correspondantes.
Face à cette
communication, la CAPEB demande une réforme en profondeur du dispositif afin de
le rendre pleinement opérationnel et véritablement adapté aux réalités des
artisans
« Alors qu’Agnès Pannier-Runacher a entendu la demande des acteurs de relancer une concertation pour assurer à la REP PMCB un fonctionnement satisfaisant et qu’elle a annoncé une pause réglementaire dans le développement du dispositif dans l’attente de cette refondation, nous ne pouvons accepter qu’un éco-organisme comme Valobat continue de faire cavalier seul, portant ainsi préjudice à l’idée même de ce dialogue avec les parties prenantes. Dans ce cadre, nous appelons la ministre à suspendre immédiatement l’évolution des barèmes le temps de la concertation. L’objectif doit être de faciliter la collecte et la gestion des déchets en vue d’améliorer le recyclage, tout en évitant d’imposer des charges excessives aux petites entreprises du bâtiment qui s’acquittent déjà d’une éco-contribution », conclut Jean-Christophe Repon, président de la CAPEB.