Alors que la Commission
européenne vient de présenter sa stratégie pour l’Union de l'Épargne et de
l'Investissement (Savings and Investments Union, ou SIU) le 19 mars dernier, il
est essentiel d'analyser les implications profondes de cette initiative et de
comprendre comment elle pourrait remodeler les stratégies d'investissement et
la croissance économique à long terme.
En tant qu’entreprise
française éditeur mondial de logiciels pour les institutions financières,
Linedata se positionne comme un observateur privilégié de ces multiples enjeux
et transformations.
Aldric
Dupaïs, directeur asset management Europe chez Linedata commente : « La stratégie
dévoilée par la Commission européenne pour l’Union de l'Épargne et de
l'Investissement (SIU) marque une étape essentielle dans l’évolution de
l’écosystème financier européen. En visant à mieux canaliser les épargnes vers
des investissements productifs, cette initiative se place au croisement
d’enjeux macroéconomiques stratégiques tels que la compétitivité, l’innovation
technologique, la transition énergétique, et la souveraineté économique de
l’Europe.
L’Europe fait face à un
paradoxe : un immense réservoir d’épargne stagne dans des produits peu
rémunérateurs, alors même que les entreprises innovantes et les PME peinent à
accéder à des financements adaptés à leur croissance. En jetant des ponts entre
ces deux mondes, la SIU pourrait libérer un potentiel de croissance
significatif pour l’économie réelle. Le projet s’attaque à plusieurs barrières
structurelles qui freinent l’efficacité des marchés financiers européens. Le
morcellement réglementaire, les disparités de supervision entre États membres
et l’accès limité des PME aux financements de marché sont autant de freins à
l’échelle et à l’intégration des marchés de capitaux en Europe. En s’attaquant
à ces problématiques, la stratégie vise à créer un écosystème financier où les
capitaux peuvent circuler plus librement, permettant ainsi une allocation plus
efficace des ressources. L’intégration des marchés de capitaux, objet central
de ce projet, est également cruciale pour compléter l’Union bancaire. Si les banques
jouent un rôle essentiel dans le financement des entreprises, une
diversification des sources de financement, incluant les marchés, est clé pour
réduire les risques systémiques et stimuler une croissance plus résiliente et
inclusive.
Dans ce contexte, les fintechs jouent un rôle de facilitateur incontournable. En s’appuyant sur des technologies avancées telles que l’intelligence artificielle et la blockchain, elles peuvent renforcer l’accès aux services financiers pour les particuliers et les entreprises, réduire les coûts de transaction et améliorer la transparence des marchés. Par ailleurs, l’innovation technologique est essentielle pour soutenir des initiatives telles que la simplification de la distribution transfrontalière de fonds ou l’amélioration de la supervision financière grâce à des outils de regtech avancés. »