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[Expertise] Mettre la pierre à contribution pour financer notre effort de défense

Au moment où la France a besoin de financer son effort de défense, une mesure simple de fiscalité immobilière pourrait contribuer à rendre notre pays plus fort.

 

Depuis la volte-face de Donald Trump sur la guerre Russie-Ukraine, le gouvernement français veut passer en « économie de défense ». Mais sans hausse d'impôt, a promis Emmanuel Macron. Comment, dans ce cas, accroître notre budget militaire de 45 à 90 milliards d’euros par an sans alourdir une fiscalité qui est déjà, à 46,1% du PIB, la plus forte d’Europe ? Les caisses de l'Etat sont vides et sa capacité d’emprunt est limitée, s’il veut éviter une nouvelle dégradation de sa note financière par les agences de notation. Reste la piste d’un grand emprunt national et d’un fléchage des livrets d'épargne vers la défense. Mais ce sera loin d’être suffisant…

 

Il existe d’autres pistes à explorer, notamment dans l’immobilier. Laurent Demeure, président de Coldwell Banker Europa Realty, propose une mesure simple et facile à mettre en œuvre : exonérer d’impôt sur les plus-values et de prélèvements sociaux les vendeurs qui investissent le montant de leur plus-value immobilière dans l’économie de Défense. Concrètement, le gain en capital issu de la vente serait investi, pendant une durée à déterminer, dans un fonds ou un emprunt dédié à la défense de la France. Une mesure simple et efficace…

 

Exemple : Un bel appartement parisien acheté 1 000 000 €, mis en location, puis revendu 1 500 000 € après 10 ans de détention génère une plus-value imposable de 275 000 €. L’imposition sur cette plus-value, incluant les prélèvements sociaux, s’élève à 87 600 €. Avec cette mesure, si le vendeur réinvestit 275 000 € dans un fonds ou un emprunt dédié à la défense de la France, il serait exonéré des 87 600 € d’imposition qu’il consacrerait au renforcement de la défense

 

Les capitaux ainsi fléchés contribueraient à renforcer notre capacité armée. Il y a eu, en France, l’an dernier, 775 000 ventes, pour un prix moyen de 266 000 €. Et sur ces transactions, une partie donne lieu à perception par l’état d’une imposition des plus-values immobilières (impôt sur le revenu et prélèvements sociaux) qui représentait, selon le rapporteur général de la commission des finances de l’Assemblée nationale, le député Charles de Courson (groupe LIOT) « plus de 3 milliards d’euros » de recettes.

 

L’idée, en soi, n’a rien d’extraordinaire : elle existe déjà dans le logement social.

Jusqu’au 31 décembre 2025, les particuliers et les sociétés qui cèdent des terrains et des immeubles sont totalement exonérés d’impôt sur les plus-values si ces ventes sont destinées à la construction et à la gestion de logements en bail réel solidaire ou à des logements sociaux (et intermédiaires dans les « zones tendues »).

 

Fin 2024, le député Mickaël Cosson (groupe Les Démocrates) proposait aussi d’exonérer d’impôt sur les plus-values immobilières les personnes qui vendent un bien immobilier à un jeune ménage achetant pour la première fois en résidence principale. Ceci pour créer un appel d’air en faveur des primo-accédants. L’amendement n’a hélas pas été retenu...

 

Cette initiative est proche, également, d’une autre formule, en place depuis plusieurs décennies : l’article 150-0 b Ter du Code Général des Impôts. Il prévoit que les chefs d’entreprises qui cèdent les titres de leur société peuvent échapper à l’imposition des plus-values s’ils réinvestissent ces capitaux dans une autre société, dont ils conservent les parts au moins 5 ans. Cet avantage répond, là aussi, à un besoin identifié par les pouvoirs publics, celui du financement des sociétés privées.

 

Un simple décret pourrait permettre cette exonération des plus-values immobilières. Elle serait applicable aussi longtemps que la France a besoin de perfectionner ses dispositifs de Défense. Enfin, contrairement à l’instauration de l’Impôt sur la Fortune immobilière (IFI), destiné, selon les mots même d’Emmanuel Macron, à « réorienter l’épargne vers l’économie productive » de façon coercitive, il serait incitatif. Et il contribuerait à renforcer notre capacité de défense au moment où notre pays en a tant besoin.


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