L’Alliance du Diagnostic Immobilier
accueille favorablement les récentes annonces de la ministre du Logement,
Valérie Létard, visant à renforcer la fiabilité des diagnostics de performance
énergétique (DPE). Ces mesures, qui s’inscrivent dans une dynamique de
professionnalisation et de transparence accrue du secteur, répondent à des
préoccupations de longue date exprimées par l’Alliance.
Chaque
année, environ 4 millions de DPE sont réalisés en France. Si la majorité des
diagnostiqueurs exercent leur métier avec rigueur et professionnalisme, la
présence de 70 000 diagnostics frauduleux constitue un problème majeur, tant
pour la crédibilité de la profession que pour les propriétaires, vendeurs et
acheteurs, et locataires concernés. Face à ce constat, les solutions présentées
par la ministre – notamment l’instauration d’une liste noire des professionnels
défaillants et l’intégration de l’intelligence artificielle pour le contrôle
des diagnostics – vont dans le bon sens.
Pour
Yannick Ainouche, co-président de l’Alliance du Diagnostic Immobilier : « Il est positif de
constater que les propositions que nous avons formulées il y a deux ans ont
largement inspiré ces nouvelles mesures. La création d’une commission de
discipline, l’instauration d’un diplôme d’État de niveau Bac+2, la mise en
place d’un prix plancher, le renforcement de la sécurisation des logiciels
métiers, des contrôles sur le terrain et la création d’une carte
professionnelle sont autant d’initiatives qui permettront de garantir un
diagnostic immobilier fiable et impartial. »
L’Alliance
du Diagnostic Immobilier milite depuis des années pour la reconnaissance du
diagnostic comme un véritable métier, avec un cursus de formation structuré,
des règles claires et des moyens financiers permettant d’assurer les attentes
du secteur. La profession doit être valorisée et soutenue afin de répondre aux
exigences croissantes en matière de fiabilité et de transition énergétique.
Toutefois,
l’Alliance exprime des réserves quant à l’approche du gouvernement sur le QR
code, qui risque d’instaurer une surveillance excessive des diagnostiqueurs
sans traiter les véritables causes des dérives. Une telle mesure pourrait être
juridiquement contestable en matière de droit du travail et créer un climat de
défiance au sein de la profession. Plutôt que d’adopter une logique de contrôle
individuel strict, il serait plus pertinent d’exploiter la base de données de
l’Ademe, qui centralise l’ensemble des diagnostics effectués, afin d’identifier
efficacement les anomalies et d’agir en conséquence.
Par
ailleurs, l’Alliance appelle à une implication plus forte des professionnels de
l’immobilier, qui doivent respecter la mission des diagnostiqueurs et cesser de
compresser les délais et les prix au détriment de la qualité du travail. Il est
également crucial de sanctionner les annonces immobilières publiées sans
mention de DPE, et de renforcer l’encadrement et le contrôle des
certificateurs. À titre de comparaison, alors que le secteur du désamiantage
dispose de 3 certificateurs pour un nombre d’entreprises similaire, plus de 10
certificateurs et plus de 30 organismes de formation interviennent dans le
domaine du diagnostic immobilier, rendant le contrôle inefficace.
Si les
conditions ne semblent pas réunies pour la création d’un Ordre des
diagnostiqueurs, l’Alliance soutient la mise en place d’une instance de
déontologie et de suivi des pratiques du métier, à laquelle elle est prête à
contribuer activement.
Enfin, si
l’Alliance partage les objectifs du gouvernement en matière de fiabilisation du
diagnostic immobilier, elle rappelle que ce renforcement ne pourra se faire
sans une réflexion sur son coût et son financement. Des solutions devront être
envisagées pour garantir la viabilité économique des entreprises du secteur,
comme la mise en place de financements adaptés ou l’instauration d’un prix
minimum des prestations.
« En tant que seul syndicat professionnel reconnu selon la loi de 1884, l’Alliance du Diagnostic Immobilier réaffirme son rôle légitime dans les négociations avec les organisations de salariés, nombreux dans le secteur du diagnostic immobilier. Des sujets centraux comme la formation, les diplômes et les contrôles doivent être traités avec des partenaires légitimes et représentatifs. Nous refusons que des organisations autoproclamées, relevant du cadre associatif de la loi de 1901 et non du cadre syndical, soient mises sur un pied d’égalité avec notre organisation », conclut Lionel Janot, co-président de l’Alliance du Diagnostic Immobilier.