Baromètre FOODORAMA
Comment les profils
entrepreneuriaux de la restauration et des commerces de bouche ont-ils évolué
ces 6 dernières années ?
Portrait-robot du
néo-entrepreneur de la food
FOODORAMA, le salon
organisé par l’accélérateur Service Compris visant à propulser
l’entrepreneuriat dans la food, revient pour une seconde édition les 16 et 17
mars 2025 dans le 11ème arrondissement de Paris. Quelques semaines avant
d’ouvrir ses portes, FOODORAMA dévoile ce jour le tout premier baromètre de
l’entrepreneuriat dans la food. Pour ce faire, les organisateurs de l’événement
ont analysé plus de 900 candidatures de porteurs de projets dans la
restauration et les commerces de bouche, reçues entre 2018 et 2024, de sorte à
dresser le portrait-robot du néo food-entrepreneurs et son évolution ces
dernières années.
Parmi les principaux
enseignements à retenir de ce baromètre inédit
1 - Peu de profils
jeunes en sortie d’études
Parmi les entrepreneurs
du secteur, on observe très peu de profils en sortie de scolarité ou d’études
supérieures. La majorité ont plus de 25 ans. L’âge médian est même de 34 ans.
Ces restaurateurs prennent donc plutôt le parti d’entreprendre après quelques
années de carrière professionnelle. Finance, marketing, communication… Certains
secteurs sont fortement pourvoyeurs de futurs food-entrepreneurs !
2 - Une majorité de
reconvertis, après une première partie de carrière loin de la food
En effet, les
entrepreneurs de la food sont encore majoritairement reconvertis, bien que la
tendance ralentisse légèrement : 64% d’entre eux entreprennent pour la première
fois avec pour projet d’ouvrir leur tout premier établissement vs. 83% en 2018.
On observe par ailleurs chez les restaurateurs déjà “en place” un besoin
d’accompagnement grandissant, bien qu’ayant déjà ouvert un ou plusieurs lieux.
Une conséquence directe de la complexification des enjeux dans le secteur,
comme d’une plus grande facilité pour ces entrepreneurs à assumer leurs
lacunes, besoins ou difficultés.
« Fatigués des «
bullshit jobs », les cadres urbains sont à la recherche de contact humain, de
responsabilisation, de retour à des relations simplifiées et d’un quotidien
empreint d’une conscience écologique grandissante. L'entrepreneuriat dans la
restauration leur offre une opportunité concrète d’allier hospitalité,
créativité, lien social et gestion d'entreprise. Et bien que le secteur soit
exigeant, il offre également la satisfaction de créer quelque chose de concret
et d'impactant au sein d’une communauté locale, tout en s’affranchissant des
hiérarchies et frustrations pesantes du salariat.
Ces néo-entrepreneurs
reconvertis apportent par ailleurs au secteur des bonnes pratiques issues de la
première partie de leurs carrières. Maîtrise du digital, expérience client,
nouvelles formes de management, approche éco-responsable, investissement facilité,
transparence de l’approvisionnement : tous ces thèmes ont pendant longtemps été
malmenés par la restauration, traditionnelle ou rapide. Mieux les appréhender
contribue à faire évoluer la perception et donc l’attractivité du secteur », explique Romain
Amblard, co-fondateur et CEO de Service Compris et organisateur du salon
Foodorama.
3 - Très peu
d’entrepreneurs avec un bagage culinaire
Être formé au métier de
cuisinier (titulaire d’un CAP ou issu d’une formation culinaire ou hôtelière)
n’est pas un pré-requis indispensable pour créer son restaurant. Moins de 10%
des food-entrepreneurs disposent d’un diplôme ou d’une expérience probante en
cuisine. Si la cuisine reste au cœur des nouveaux concepts, cela n’est donc pas
pour autant synonyme d’entrepreneurs en cuisine.
4 - Des projets plus
ambitieux nécessitant des financements plus importants
On observe par ailleurs
des coûts de lancement en forte hausse sur le secteur. Le besoin de financement
moyen pour une première affaire est passé de 200 000€ en 2018 à 332 000€ en
2024 (soit +66% en 6 ans). Cette augmentation s’explique notamment par une
inflation durable et généralisée ces dernières années mais aussi et surtout par
une tendance à vouloir faire naître des projets plus ambitieux. Les
entrepreneurs sont donc - aujourd’hui plus qu’auparavant - en recherche
d’investisseurs d’une part, et d’un accompagnement plus structuré, notamment
autour des risques financiers, d’autre part.
5 - L’entrepreneuriat
dans la restauration se féminise
On observe aujourd’hui
une parité quasi-parfaite parmi les néo-entrepreneurs : avec 51,20% de femmes
vs. 49,8% d’hommes. Cela s’explique notamment par une féminisation progressive
du métier, mais aussi de l’entrepreneuriat au sens large.
Parmi les femmes
food-entrepreneures à succès : Myriam Sabet, fondatrice des pâtisseries
parisiennes Maison Aleph ; Jade Frommer, co-fondatrice du restaurant immersif
Ephemera ; Alice Tuyet, à l’origine du bistrot parisien 100% immersif Faubourg
Daimant ; ou encore Céline Chung, à la tête des restaurants Bao Family pour ne
citer qu’elles.
6 - Un attrait
important à "dépoussiérer" les cuisines du monde
Là où en 2018 beaucoup
d’entrepreneurs se concentraient sur une cuisine française revisitée, la
tendance est désormais aux cuisines du monde. Parmi les types de cuisine les
plus fréquemment choisis par les entrepreneurs du secteur : la cuisine
italienne et la cuisine asiatique. On observe aussi un vrai attrait ces
derniers mois autour des restaurations indienne ou méditerranéenne qui sortent
des clichés et se voient ainsi glamourisées.
7 - Des modèles plus
fréquents autour du lieu hybride, axé sur la convivialité
Parce que le secteur
est exigeant et que la concurrence y est rude, on observe de plus en plus une
volonté chez les food-entrepreneurs de proposer des expériences et concepts
différenciants. Ainsi, là où les modèles d’établissements les plus fréquents en
2018 se concentraient sur de la restauration rapide et de l’épicerie, on voit
désormais émerger davantage de lieux de convivialité, regroupant tout à la fois
restauration, vente à emporter, programmation événementielle, etc.
8 - De nouvelles villes
dynamiques sur la scène food
Si les ouvertures d’établissement se sont longtemps concentrées sur la capitale et le sud de la France, on observe une forte hausse des projets dans des villes comme Lille ou Nantes qui deviennent – en plus de Paris – très dynamiques en termes de concepts et d’expériences food.