Les chiffres pour l’année 2024 donnent le vertige : avec 50
800 ventes en construction de maisons individuelles et 60 750 ventes aux
particuliers en promotion immobilière, le logement neuf, hors ventes aux
investisseurs institutionnels, abandonne encore 10% par rapport à 2023 et
surtout se situe à près de 50% en-deçà des moyennes annuelles de long terme.
Ce sinistre bilan de
l’amont de la filière, qui s’accompagne d’une kyrielle d’abandons et de
retraits d’opérations ainsi que de défaillances d’entreprises et de
destructions d’emplois massives, hypothèque les perspectives de la production
future. De fait, en 2024, les autorisations, qui augurent les mises en chantier
de 2025, ont enregistré un nouveau recul de plus de 12%.
L’inaction et les
tergiversations passées se paient au prix fort aujourd’hui, et de nombreuses
années de convalescence seront nécessaires à la filière pour se remettre de ce
tsunami.
L’amélioration des
conditions de financement des acquéreurs observée ces derniers mois souffle
toutefois un léger vent d’optimisme, d’autant que le gouvernement n’ignore plus
la nécessité d’agir pour soutenir la demande. Plusieurs des mesures de la loi de
finances pour 2025 en témoignent, particulièrement le rétablissement du prêt à
taux zéro neuf sur tout le territoire et surtout pour la maison individuelle.
Reste que la dynamique
est fragile et que le chantier de la reconstruction est colossal.
L’instauration d’un statut incitatif et pérenne de bailleur privé est
indispensable pour soutenir l’investissement locatif aujourd’hui déserté tant
par les institutionnels que par les particuliers. Il convient aussi de
simplifier résolument le maquis de règles, de normes et de procédures qui
freinent l’activité et découragent l’entreprise. Il faut enfin adopter les
mesures portées par la proposition de loi TRACE pour permettre davantage de
pragmatisme dans l’application du ZAN.
Grégory Monod, Président du Pôle Habitat FFB alerte : « Avec 8 mises en chantier pour
1 000 ménages, la situation actuelle du logement neuf ressort similaire à celle qui prévalait en France au début des années 1950 ! Dès lors, je salue l’action et l’opiniâtreté de notre ministre du Logement,
Valérie Létard, pour l’adoption récente de dispositions qui vont enfin dans le bon sens. Mais la crise n’est pas résolue pour autant, et nous restons mobilisés pour que des mesures complémentaires et pérennes soient prises afin d’inverser durablement la tendance. »