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[Initiative] Wavestone : l'émergence des Green regtechs pour répondre aux nouveaux enjeux des acteurs de la finance

Radar Wavestone des Regtechs 2022 : 64 Regtechs ; 1,3 milliard de fonds levés et l’essor des green Regtechs

Fournissant aux institutions financières des technologies qui permettent de répondre aux exigences des régulateurs et d’améliorer le fonctionnement de la conformité, les Regtechs sont désormais des acteurs connus et reconnus, en témoigne le dynamisme de ce marché révélé par la 3ème édition du radar des Regtechs réalisé par le cabinet Wavestone. Entre accélération des levées de fonds et forte concentration, l’étude montre que le marché semble avoir atteint un nouveau stade de maturité.
Poussées par une pression réglementaire qui touche maintenant tous les secteurs d’activité (5ème directive contre le blanchiment des capitaux, loi SAPIN II, …), les Regtechs commencent même à élargir leur terrain de jeu et accéder à de nouveaux marchés (acteurs du numérique, professionnels du droit, marchands de biens, …). Enfin, on assiste à l’émergence d’une nouvelle catégorie d’acteurs, les green Regtechs, qui viennent répondre aux nouveaux enjeux et contraintes auxquels sont confrontées les institutions financières (réglementation sur la Taxonomie, NFRD, SFDR, CSRD, …).

Les grandes conclusions du radar

De la veille réglementaire aux activités de conformité, en passant par la détection des anomalies ou encore l’éthique professionnelle, le secteur financier s’appuie désormais sur l’écosystème des Regtechs pour la transformation de processus clés. Wavestone a analysé les grandes tendances du secteur pour 2022, et livre les conclusions de son étude de marché.

  • Un marché de plus en plus mature et concentré : 64 Regtechs ont été identifiées pour cette édition 2022, contre 81 en 2020. Et pour cause, plusieurs sociétés ont disparu et le marché a vu une accélération des rapprochements entre les start-ups elles-mêmes, ou des rachats par des grands-groupes. Les structures se sont consolidées pour atteindre une taille critique si bien qu’aujourd’hui seuls 22% des acteurs comptent moins de 10 salariés (VS 30% en 2021).
  • Une accélération des levées de fonds avec 1,3 Mrds€ levé par les acteurs du marché sur la période 2021/2022. A noter que les acteurs américains dominent le marché. En effet, les 10 Regtechs étudiées sur ce continent ont levé 6 fois plus que les 49 Regtechs européennes observées. 
  • Un élargissement des obligations réglementaires pour tous les secteurs qui a permis aux Regtechs de faire valoir leur savoir-faire sur un panel de partenaires allant au-delà des acteurs de la finance. Par exemple, la loi Sapin II sur la lutte contre la corruption s’applique à l’ensemble des secteurs et non seulement aux acteurs financiers. L’économie du numérique également connait des nouveaux enjeux, notamment liés à la bonne identification et identification de ses clients ou fournisseurs.

Focus sur l’émergence des Green Regtechs

La RSE est l’une des tendances fortes du marché avec des engagements forts. Néanmoins, entre l’empilement des réglementations et les difficultés à obtenir des données considérées comme fiables, c’est un véritable défi que les Regtechs peuvent aider à adresser afin d’aller vers une finance plus durable.

  • Les green RegTechs en chiffres :
    • Le radar identifie 7 Regtechs adressant spécifiquement les réglementations de la finance durable
      • Dont 3 sociétés de moins de 3 ans
    • Ce segment a levé 85 M€ sur la période 2020/2022
      • Clarity AI a, à elle seule, levé 65 M€ sur la période
      • Sur le reste du périmètre, on constate une accélération des levées de fonds, 50% des montants ayant été levés en 2022, 35% en 2021 et 15% en 2020
    • Les start-ups se positionnent essentiellement sur 4 activités:
      • La récupération des données et le scoring ESG des actifs
      • La production de reportings réglementaires
      • La connaissance et préférences du client sur les thématiques ESG
      • Les recommandations de portefeuilles responsables
  • Développement Durable : le secteur financier en première ligne pour insuffler le changement…

Il y a incontestablement une accélération des impacts liés au changement climatique et des attentes des citoyens sur la mise en place d’actes concrets. Les Objectifs de Développement Durable (ODD), les rapports du Giec alarmistes ainsi que les différentes COP ont poussé les institutions à renforcer leurs règlementations pour inclure les enjeux ESG et les problématiques liées au changement climatique. La finance durable est ainsi devenue l’une des priorités de l’Union Européenne, avec un objectif de neutralité carbone en 2050.

  • … qui amène une complexité règlementaire, et un besoin d’accompagnement des acteurs


Ce renforcement des réglementations en la matière, couplé à la pénurie d’experts analystes ESG a placé les acteurs de la finance en situation de besoin d’outils et d’accompagnement sur les différentes attentes du régulateur. C’est ainsi que les Regtechs ont développé ou réorienté leur offre de services pour adresser l’ensemble des enjeux de la finance durable.

  • Manque de fiabilité des données ESG : gare au Green Washing

Afin d’appliquer les réglementations et d’être plus transparents sur les impacts sociaux et environnementaux de leurs investissements, les acteurs financiers restent dépendants de la fiabilité des données ESG qu’elle est en mesure de collecter et analyser. Le scandale récent d’ORPEA, pourtant bien notée sur les aspects ESG, a mis en avant la complexité de la gestion et de l’interprétation de ces données. La difficulté est de trouver la source fiable et d’être plus transparent dans son analyse

Les institutions financières sont contraintes de faire appel à une multitude de providers, ayant des données, parfois brutes, parfois agrégées, souvent incomplètes, voire contradictoires (en fonction des sources) et surtout couteuses.

Si les Regtech offrent un cadre suffisamment agile pour s’adapter aux prochaines évolutions règlementaires.

L’enjeu des prochains mois et années est la normalisation des critères ESG, pour éviter que les acteurs ne puissent profiter de ce flou pour entrer dans une logique de « green washing ».

« La maîtrise de la chaîne de production de données ESG (scope 1, 2 et 3) est désormais un véritable enjeu de souveraineté pour les entreprises financières qui vont être de plus en plus amenées à rendre des comptes à leurs financeurs et à leurs clients. Or aujourd’hui, le marché de la donnée ESG s’apparente à un véritable Far West rendant complexe l’analyse de l’impact social ou environnemental de leurs activités. La normalisation des critères d’évaluation des données ESG sera donc le principal défi à relever pour les prochains mois et années », conclut Pierre de Brabois de Wavestone.

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