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[RH] Il faut savoir partager les richesses

Pour lutter contre la pénurie de talents, « il faut savoir partager les richesses » !

Par Laurent Garnier-Dalle, Fondateur d'Anylease, logiciel de Leasing en mode SAAS.

Elle touche tous les secteurs d’activité ou presque, la pénurie de talents n’en finit plus d’inquiéter les entreprises qui cherchent à se renouveler pour l’endiguer. A cet effet, si la quête de sens est un critère d’attractivité relativement nouveau à intégrer, l’argument économique n’est pas à écarter pour autant et notamment l’idée d’un dividende salarié.

Impliquer davantage les collaborateurs.

La crise sanitaire a fait de sérieux dégâts au sein des entreprises. Entre les conséquences psychologiques d’un tel évènement et son impact économique, le monde de l’entreprise est confronté à une période d’instabilité aux allures de tournant majeur. Au cœur de ce contexte, il est important de rappeler que la pénurie de talents, fortement accélérée depuis plusieurs mois, n’est pas illusoire. En juillet 2021, près de 48% des entreprises affirmaient rencontrer des difficultés de recrutement contre 37% en mai de la même année selon une étude de la Banque de France. Des chiffres aux conséquences bien réelles et qui contraignent les entreprises à proposer autre chose, autant pour fidéliser sescollaborateurs que pour en attirer de nouveaux.

Les chefs d’entreprise le savent, il devient compliqué de dessiner le futur de sa structure sans impliquer ses équipes dans la prise de décisions. Par-là, on n’entend pas consulter tout un chacun pour la moindre décision mais d’afficher une forme de transparence sur les risques et les gains potentiels des actions entreprises par le top management. Procéder de la sorte revient à responsabiliser les collaborateurs et leur faire prendre conscience qu’ils ont aussi leur mot à dire sur les enjeux métiers et pas seulement. Certains ne veulent pas forcément de ce rôle mais il est important de leur montrer que l’on peut s’affranchir quelque peu de la vision pyramidale de l’entreprise et être à leur écoute.

Néanmoins, les belles intentions ne suffisent pas. Les chefs d’entreprise doivent avant tout accepter l’idée d’être moins dirigiste et de faire participer les collaborateurs à la direction de l’entreprise. Autrement dit, il faut savoir céder une partie de son pouvoir pour mieux créer l’adhésion au sein de sa société. C’est une réelle prise de risque car il convient de ne pas tomber dans l’excès inverse pour autant. Un exercice d’équilibriste qui, s’il est bien exécuté, donne plus de légitimité au dirigeant et valorise le rôle de chaque collaborateur.

Un dividende salarié, plus qu’une option.
 
L’argent ne fait pas le bonheur dit-on, mais ne pas en avoir est problématique. Et cela l’est d’autant plus quand on sait qu’un PDG gagne 73 fois plus qu’un salarié moyen de son entreprise selon un rapport de Proxinvest. Une moyenne qui explose aux États-Unis où le salaire d’un dirigeant peut être 300 fois plus élevé que celui d’un salarié. De tels écarts semblent indécents et à juste titre. Au cœur de périodes difficiles, parsemées de restrictions, les collaborateurs acceptent de moins en moins cette extrême richesse et à plus forte raison lorsqu’elle n’est pas justifiée. Un modèle paradoxal qu’il faut renverser.

Garder ses talents et en attirer de nouveaux, c’est aussi savoir partager les richesses plus justement, plus équitablement. Il est évident que les salaires des dirigeants et les dividendes des actionnaires seront toujours plus ou moins élevés mais en réponse à cela il faut désormais instaurer un dividende salarié. Un tel geste signifie que l’implication de chacun est reconnue et valorisée par la direction. C’est l’idée que défend Thibault Lanxade, l’ancien vice-président du Medef, pour mieux répartir les richesses et changer par-là la relation entre le chef d’entreprise et le salarié.

Qu’il s’agisse d’une participation, d’un treizième mois ou même d’un variable collectif, le plus important est de convertir un nombre croissant d’entreprises à ces pratiques. Une façon de les rendre clairement plus attractives pour lutter contre une pénurie de talents galopante. Les questions relatives à la quête de sens, aux nouveaux modes de travail ou à la place du collaborateur dans l’entreprise, aussi importantes soient-elles actuellement, ne doivent pas faire oublier que le pouvoir d’achat reste l’une des grandes priorités des salariés. Les mentalités évoluent, aux entreprises de s’y adapter afin de rester en phase avec les transformations de notre époque.  

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