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Le déclin du marché mondial des fusions et acquisitions devrait se poursuivre en 2020

Par Jana Mercereau, Consultante chez Watson Wyatt.

En baisse constante depuis son apogée en 2015, le marché mondial des fusions et acquisitions devrait encore peiner à générer de la valeur en 2020, si l’on se fie aux données collectées de longue date par Willis Towers Watson et Cass Business School.

En se basant sur le cours de leurs actions, les acquéreurs du monde entier ont sous-performé l’Indice mondial de -5,0 pp (points de pourcentage) au cours des douze derniers mois (seules les transactions d’une valeur de plus de 100 millions de dollars ont été prises en compte). C’est ainsi la 3e année consécutive qu’ils ne parviennent pas en moyenne à générer de la valeur.

Le rythme du marché mondial est également au plus bas depuis 6 ans : 774 transactions d’une valeur de plus de 100 millions de dollars ont été conclues en 2019, soit une baisse considérable par rapport au niveau de 2018 (904), et le volume annuel le plus faible depuis 2013 (720). Quarante pour cent de ces opérations n’ont pas généré de valeur pour les actionnaires en 2019.

Selon Jean Cazeneuve, Client Relations Director chez Gras Savoye Willis Towers Watson : « Bien que l’année dernière se soit terminée sur une succession de transactions, les performances globales des acteurs ont été au mieux irrégulières. Face aux incertitudes persistantes au niveau des contextes réglementaires, commerciaux et économiques, le marché devrait rester au ralenti en 2020 en raison de la prudence des entreprises. Ce phénomène sera particulièrement visible en Amérique du Nord, où nombre d’opérations sont actuellement interrompues en raison de tensions commerciales, du ralentissement de l’économie des États-Unis, mais aussi parce que les années d’élections présidentielles introduisent généralement une certaine instabilité. »


Prédictions pour l’année 2020

Jana Mercereau s’appuie sur les tendances à court et long termes révélées par les données, ainsi que sur ses échanges avec ses clients et collègues :

1/ Un ralentissement plus marqué aux États-Unis
Les transactions réalisées devraient rester à un niveau bas en 2020, et ce notamment sous l’effet d’un ralentissement de l’activité du marché des États-Unis. Plus précisément, le volume annuel de transactions importantes (d’une valeur de plus de 1 milliard de dollars) en 2019 a été le plus faible dans la région depuis 5 ans , soit -173 au total. L’hésitation à entreprendre de telles opérations peut également être le signe que les entreprises locales se préparent à une récession.

2/ L’Europe conservera son statut de leader
En 2019, les acquéreurs européens ont dominé le marché mondial des fusions et acquisitions pour la deuxième année consécutive, surperformant leur indice régional de +1,9 pp. Cette tendance positive devrait se poursuivre dans les mois à venir. Dans le même temps, le volume de transactions réalisées au Royaume-Uni a atteint son niveau le plus bas (31) depuis une décennie.

3/ Des perspectives peu encourageantes pour le marché chinois
Après un niveau record de transactions réalisées en 2015 (243), la Chine a poursuivi sa chute vertigineuse (seulement 72 en 2019) dans un contexte d’incertitudes commerciales et face à la menace d’une récession mondiale. Dû en partie à une forte baisse du volume d’acquisitions de sociétés étrangères, ce ralentissement s’inscrit en réalité dans le cadre d’une diminution plus globale des opérations réalisées en Asie-Pacifique, et devrait se poursuivre en 2020.
L’amélioration marginale des performances des acquéreurs de la région en 2019 témoigne néanmoins d’un certain regain de stabilité après plusieurs années mouvementées.

4/ Des délais de finalisation toujours plus longs
Alors que les fusions et acquisitions réalisées en 2019 ont nécessité en moyenne 141 jours v/120 en 2018, elles devraient mettre encore plus de temps à se conclure cette année. Les transactions transfrontalières, notamment, sont susceptibles de gagner en complexité et d’être ralenties par des procédures de due diligence rigoureuses, ainsi que par la nécessité de se préparer à des contrôles réglementaires renforcés.

5/ Montée en puissance des fonds d’investissement privé et recrudescence des acquisitions-embauches
Disposant d’un niveau sans précédent de capitaux non dépensés, les investisseurs alternatifs tels que les fonds d’investissement privé, devraient se montrer de plus en plus actifs, réaliser des transactions plus importantes, et prendre part à la création de davantage de coentreprises en 2020. Cependant, leur quête de retours sur investissement rapides sera confrontée au ralentissement de l’économie, à des problématiques d’ordre géopolitique et à des exigences d’ordre réglementaire. La tendance du « acqui-hiring » (ces rachats réalisés expressément dans le but de récupérer des compétences humaines autrement inaccessibles) devrait également continuer à s’accentuer.

 

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